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17 avril 2011 7 17 /04 /avril /2011 18:15

Le film commence par un adage de Rashi qui est un illustre commentateur du Talmud au Moyen Age :  "Prends avec simplicité tout ce qui t'arrive". Le ton est donné et tout le film va être de cette veine. 

 

Le film raconte la vie d'un père de famille juif dont la vie s'écroule sous nos yeux. 

 

Sa femme lui annonce sans ambage qu'elle le quitte pour un ami du couple qui a perdu il y a trois ans sa femme. Sa titularisation est remise en cause par des lettres anonymes dont on comprend en réalité qu'elles étaient envoyées par l'amant de sa femme. Son frère qui dort dans le salon est arrêté par la police car il joue de l'argent. La fille du héros n'a qu'une idée obsessionnelle : se laver les cheveux. Le fils fume du sheet en écoutant Jefferson Airplane, vole de l'argent à sa soeur et participe aux combines de son oncle. 

 

Devant ces péripities, le personnage principal réagit en honnête homme mais cela ne fait qu'empirer les choses. Sa femme lui enjoint ainsi de se comporter en homme sérieux, sous-entendu comme son amant. Ce dernier materne aussi le héros à un tel point que cela devient dérangeant. Celui-ci est balloté d'une scène à l'autre, d'un épisode de sa vie à l'autre, sans pouvoir reprendre le dessus ou influer sur le cours des choses. On le voit ainsi souvent perdu dans des vues de plongée comme si le spectateur adoptait le point de vue omniscient de Dieu, assailli de doutes, de questions et de problèmes. Et les deux rabins qu'il consulte ne lui apportent aucune réponse.

 

Les frères Coen multiplient d'ailleurs les allusions aux notions de destin, de fatalité.

 

 

'Si parfois les choses s'arrangent mal, c'est que çà devait pas se faire"

 

"C'est l'occasion de voir le monde tel qu'il est "

 

"çà m'est tombé desus comme la foudre"

 

"Il n'est pas toujours facile de déchiffrer ce que Dieu s'évertue à nous dire"

 

"On ne peut jamais être sur de ce qui va arriver et même si vous ne comprenez rien, aux partiels, il me faudra une démonstration."

 

"N'avoir rien fait ne peut pas être mal"

 

 

 

Ils entourent également leur personnage principal d'un univers fait de signes et de symboles qui eux aussi restent indéchiffrables voire qui tombent dans l'absurde.

 

montage les signes a serious man

 

Le héros est ainsi filmé devant un grand tableau noir remplit de signes mathématiques. 

 

Ils le montrent allant régler pour la énième fois l'antenne de télévision à la demande de son fils qui semble ne voir dans cette opération que la seule utilité que son père peut avoir pour lui. Dans les moments les plus dramatiques, il n'hésite pas de rappeler à son père, la persistance du problème de réception de la télévision. 

 

Et l'oncle sur le canapé du salon qui soit disant recherche une formule mathématique magique trace sur les innombrables pages de son cahier des dessins obsessionnels.

 

A l'école juive, on parle évidemment l'hébreu mais aucun sous titre n'aide le spectateur 'goy" qui se retrouve ainsi complètement perdu. 


Le médecin recherche à l'oscultation les signes d'une maladie dont on ne saura rien si ce n'est qu'elle est grave puisqu'à la fin du film,  notre père de famillen est convoqué au cabinet médical pour en parler de vive voix. 

 

Le second rabin raconte l'histoire d'un dentiste juif qui a vu un jour dans le moulage de la dentition d'un patient une inscription juive indiquant "aidez moi". Quelle est l'explication du rabin ? aucune . La solution trouvée par ce dentiste boulversé de cette découverte ? aucune. 

 

Dernier moment d'incompréhension, la confiscation du balladeur par l'instituteur de l'école juive et son air dubitatif devant le fonctionnement de l'appareil et le genre de musique délivrée.

 

Que dire de l'anecdote du début : dans un couple de paysans polonais, l'homme dit à sa femme qu'il a recontré un lointain parent. La femme lui explique qu'il est mort il y a trois ans. Sur ce, le dit parent frappe à la porte . Pour en avoir le coeur net, la femme le poignarde.  Le parent quitte la maison, peu affecté physiquement par ce poignard planté en plein coeur. Etait il vraiment le diable ? Qu'en tirer par rapport au sujet du fim ? Que pour connaître la vérité, il faut user de moyens extrêmes, que la foi permet de distinguer le bien du mal ? Que le mal se cache derrière les choses les plus anodines comme les rencontres ? 

 

C'est finalement là que le film des frères Coen blesse. Si on est tour à tour amusé, peiné, gêné devant l'accumulation des ennuis du héros, on se retrouve dans la même situation que lui, sans pouvoir tirer aucune leçon de l'heure et demie qui vien de s'écouler. Quel est le propos des réalisateurs ? Si c'est de montrer l'absurdité et la cruauté de la vie quotidienne, c'est une chose déjà connu depuis longtemps et la forme du film n'a rien d'original ? Si c'est de nous indiquer que le mieux est encore de prendre les choses comme elles viennent, rien de particulièrement profond. 

 

Bref, on reste quelque peu perplexe. 

 

Finalement que reste-t-il ? des scènes drôles car absurdes où l'on sourit de l'incompréhension de  chacun des personnages de son entourage et de son environnement. Il en va ainsi de l'étudiant étranger qui ne comprend pas pourquoi le héros ne pourrait pas accepter de modifier sa note contre de l'argent et du père de l'étudiant qui répète inlassablement qu'il y a un choc des civilisations.

 

a serious man le voisin chasseurDe même, le voisin qui empiète peu à peu sur la propriété voisin et qui rentre de la chasse avec un cerf entier sur son toit. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour avoir une seconde critique, également circonspecte de ce film, je vous conseille http://cine-partout-toutletemps.over-blog.com/categorie-11307337.html

 

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9 mars 2011 3 09 /03 /mars /2011 15:25

number one A l'occasion de la journée de la femme, j'ai ét voir un petite comdie tournée en 2008, Number One de Zakia TAHIRI

 

L'action se déroule au Maroc où vient dêtre votée la loi dite la "Mouwadana" qui instaure le droit au divorce pour les femmes.

 

Le personnage principal est un chef d'une entreprise de textile qui vend de la confection à bas prix pour le marché européen.

 

Il exploite ses salariées, les contraint à faire de nombreuses heures supplémentaires et se montre machiste et méprisant pour ses collaboratrices. Il est lui même le subordonné d'un riche industriel occidental qui, de sa salle de gym ou de piscine, lui donne des ordres.

 

Côté vie de famille, le héros se montre méprisant avec sa femme qu'il cantonne à des tâches ménagères.

 

Lassée d'être ainsi matraitée et ayant gouté le temps d'un soir à la vie d'une femme libre, sa femme prend rendez vous avec une sorcière qui transforme son mari. Celui-ci se montre dès ce jour déférent et attentif à ses employées et surtout à sa femme.

 

Rien ne peut désouventer le mari qui se trouve dans l'incapacité de prendre les décisions nécessaires à l'échèvement de la dernière commande de jean que lui a confiée une jeune femme occidentale.

 

En parallèle, le héros s'épanouit manifestement, ce qui induit des réajustements auprès de ses amis masculins. Ceux-ci étaient en effet dans un discours  très machiste. Mais il s'avère qu'en réalité le séducteur de la bande ne trouve aucune relation stable qui le satisfait.

 

Au final, le héros principal est licencié puisqu'incapble d'imposer à ses salariées le rythme nécessaire à l'échèvement de la commande. Ses employées font alors grêve pour obtenir la ré-intégration de celui qu'elles appellent désormais "Number One". Voyant son mari en danger, sa femme se rend à nouveau chez la sorcière pour demander son désenvoutement.

 

Son mari fait alors le choix délibéré de maintenir son attitude respectueuse envers les femmes.

 

Cette légère comédie fondée sur le comique de situation permet de d'analyser les changements induits par les nouveaux droits accordés aux femmes au Maroc : libération des moeurs, remise en cause d'une société fondée sur la domination masculine. On voit aussi la persistance des préjugés à travers le regard du fils du couple central qui s'oppose à ce que sa mère porte des tenues trop féminines et dénudées.

 

Le film montre aussi que la domination patriarcale nuit à l'épanouissement des hommes qui se trouvent cantonés dans un rôle de dirigeant acerbe et insensible et ce, tant dans leur vie professionelle que dans leur vie privée.

 

Le rôle émancipateur du travail est aussi marqué par le fait que ce sont les ouvrières qui détenant la puissance économique sint en mesure de s'opposer au diktat de leur patron.

 

On peut seulement regretter que les rapports de domination économique soient seulement effeurés. Il aurait été intéressant de confronter la commerciale occidentale qui recherche les prix les plus bas et qui tient le discours féministe bien installé en Europe à la contradiction entre ses convictions et ses intérêts économiques qui ne peuvent être servis que par le rythme infernal imposé aux petites mains marocaines. De même, on ne sait pas si  le personnage principal qui obtient sa réintégration dans l'usine, parvient à concilier ses nouvelles valeurs avec les contraintes économiques.

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27 février 2011 7 27 /02 /février /2011 14:33

Une nouvelle série d'articles sur le cinéma de Luis Buñuel né le 22 février 1900 à Calanda et mort le 29 juillet 1983 à Mexico. 

 

Son premier film sorti en 1928 est Le Chien Andalou. Il s'agit d'un film surréaliste dont le scenario a été écrit en collaboration avec Salavador DALI. 

 

Sorti en 1930, l'Age d'Or est également surréaliste.

 

Il passe plusieurs années aux Mexique où il tourne notamment Los Olivados, Gran Casino et Tourments. 


De retour en France, il tourne Viridiana qui obtient la Palme d'Or au Festival de Cannes en 1961.

 

- Le Charme discret de la Bourgeoisie

 

- Tristana  A venir

 

- Belle de Jour A venir

 

- Cet obscur objet de mon désir A venir

 

- Analyse croisée de plusieurs films de Luis BUNUEL. A venir

 

Retour vers l'Orientation Générale de la Rubrique Cinéma



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27 février 2011 7 27 /02 /février /2011 11:59

 

Cet article se trouve désormais sur mon nouveau site à l'adresse suivante :

 

http://www.quelquesgrains.fr/le-charme-discret-de-la-bourgeoisie

 

 

 

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13 février 2011 7 13 /02 /février /2011 10:58

Voici quelques articles sur un cinéaste japonais né le 16 mai 1898 à Tokyo et le 24 août 1956 à Kyoto. 

 

Né dans une famille modeste, il va d'abord s'orienter vers le dessin avant de tourner de nombreux films qui ont en commun la critique d'une société japonaise aux lclasses sociales fermées induisant des relations de pouvoir des membres des classes supérieures sur leurs subordonnés et interdisant toute relation intime de ces derners avec leurs maîtres. Mais MIZOGUCHI  dénonce également la manipulation des prérogatives du pouvoir qui cessent d'être aux services du bien commun pour servir l'intérêt de quelques individus. 

 

Page de wikipédia sur Mizoguchi 

 

D'où l'article sur la critique sociale que formule MIZOGUCHI dans quatre de ses films : le Héros Sacrilège, l'Impératrice Yang Kwei Fei, l'Intendant Sansho et les Amants Cruxifiés. 

 

Une analyse de trois de ces films se trouve ici L'Intendant Sansho 
  L'impératice Yang Kwei Fei
  le Héros Sacrilège

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10 février 2011 4 10 /02 /février /2011 21:09

A travers L'intendant Sansho, les Amants sacrifiés (1954),  L'impératrice Yang Kwei-Fei, le Héros Sacrilège (1955),  apparaît le thème de la division en classe sociale de la société. 

On y remarque la rigidité de la société qui s'interpose face aux tentatives des personnages de changer de classes sociales ou de vivre des relations amoureuses avec des personnes appartenant à une autre classe sociale. 

 

Ainsi, dans les Amants Sacrifiés la femme du riche éditeur et son amant, l'employé de son époux, fuient ensemble après la découverte de leur adultère. La question est bien évidemment celle de la répression de l'infidélité de la femme mais toute la première partie du film s'attache à marquer la différence sociale entre les deux protagonistes principaux, insistant sur l'autorité de l'époux. On y comprend aussi l'impuissance sociale de la femme qui, mariée à son époux pour régler les dettes de sa famille, n'a d'autre choix pour assurer la subsistance de celle-ci et pour sauvegarder son honneur, que de se plier à une vie partagée avec un homme qu'elle n'aime pas et qui refuse en outre d'aider  financièrement d'avantage son frère. 

 

Finalement, elle trouve l'amour avec un homme d'une classe sociale inférieure. Ce dernier est poursuivi principalement parce qu'il est complice d'adultère avec la femme de son employeur. C'est donc bien sa position dans la hiérarchie sociale qui motive sa culpabilité. De même, ce sont les règles rigides des hautes classes qui ont imposé à la femme de l'éditeur un mariage d'argent et qui exigent d'elle d'oublier ses désirs pour l'honneur de sa famille. 

 

Puis, pendant la fuite des deux amants, Mizoguchi insiste sur le maintien par l'époux trompé des apparences à l'égard de ses clients d'une vie familiale normale, sans anicroche.

 

De même, les dernières scènes de fuite se déroulent chez le père du héros qui vit dans un état de grand pauvreté et qui, battu par les émissaires de l'éditeur, va révéler la cachette de son fils. Là encore, le père reproche à son fils le déshonneur et la déception que celui-ci n'ait pas poursuivi dans la voie de réussite professionnelle qui s'ouvrait à lui et qui constituait une ascension sociale notable. L'épanouissement personnel de l'individu, ses sentiments sont une nouvelle fois relégués derrière des considérations de hiérarchie sociale. 

 

Mizoguchi donne toutefois raison à l'épanouissement personnel des individus au mépris des règles sociales puisque  ceux-ci choisissent la mort à  l'insertion sociale. 

 

Dans les autres films,  ce sont les  membres des hautes classes sociales qui, suivant la rigueur de leur principe de vie, la rectitude qu'impose leur rang ou leurs sentiments, sont amenés à prendre des décisions qui déplaisent à leur entourage, qui vont à l'encontre de la logique de cour ou de mondanités. 

 

Que ce soit le père de l'Intendant Sansho qui a pris le parti des paysans ou encore l'empereur de l'Impératrice Yang Kwei-Fei qui fait revenir  auprès de lui sa concubine dont la famille est critiquée pour vivre dans un luxe ostentatoire. Ils devront tous en payer le prix fort par la  destitution ou la mise à mort de leur compagne.

 

De même, dans l'Intendant Sansho ou dans le  Héros Sacrilège, le personnage principal  résiste aux pressions sociales et accomplit les principes inculqués par son père. L'Intendant Sansho deviendra ainsi gouverneur de la province et fait libérer les esclaves. Dans le Héros Sacrilège, le fils du samouraï affronte les palanquins, brisant ainsi le pouvoir que les moines prétendaient en retirer et sur lesquels ils asseyaient leur pouvoir.

 

A la fin du Héros Sacrilège, Mizoguchi évoque même la possibilité d'un soulèvement à venir du peuple entier, ouvrant ainsi une autre fin que les films précédents où les héros meurent ou perdent l'être aimé au nom de leurs idéaux. 


En effet, en creux,  au delà de ses destinées individuelles, ces films décrivent une société corrompue ou le pouvoir est dévoyé au bénéfice des plus puissants. 

 

C'est le cas dans l'Intendant Sansho où le héros essuie l'opposition de tous ses conseillers pour faire libérer les esclaves du camp où se trouve sa soeur. Ce clan appartient en effet à un riche notable dont le statut interdit en principe au gouverneur de légiférer sur ses terres. 

 

La violence du pouvoir et l'abus des privilèges qu'il confère est le thème de la deuxième scène du Héros Sacrilège. On assiste en effet à l'arrivé des moines portant les palanquins et obligeant la foule à se prosterner devant eux. Une scène quasi identique se déroule dans l'Impératrice Yang Kwei Fei où l'on voit la famille de cette dernière ostensiblement brutaliser le petit peuple.

 

La corruption de l'Etat est aussi décrit par la puissance de l'administration qui interfère, complote et modifie ou tente de modifier les décisions prises par le gouverneur ou l'empereur. 

 

Dans l'Impératrice Yang Kwei Fei, on utilise la jeune cousine à des fins d'ascension sociale. Puis, finalement, ce sont les comploteurs qui à la fin du film obtiennent la mort de l'impératrice et prennent ainsi le dessus sur le pouvoir légitime de l'empereur.

 

Dans le Héros Sacrilège, l'empereur est filmé derrière un voile devant lequel se trouve ses conseillers qui reçoivent les demandes et les doléances et prennent des décisions sans en référer à l'empereur. Pire, la décision de ce  dernier d'anoblir le père du personnage principal est dans un premier temps annihilée par la volonté contraire des conseillers. Et finalement, quand l'anoblissement du samouraï est effectif, ces derniers complotent pour le tuer.

 

Mizoguchi nuance ainsi son propos qui ne peut se résumer à une seule opposition entre puissants et faibles. Au delà des choix individuels, c'est le fonctionnement du pouvoir qui est source d'injustice sociale. Au contraire, quand celui-ci est exercé avec discernement, il peut être source de libération. L'Intendant Sansho devenu gouverneur permet ainsi la libération des esclaves et son père avait lui même pris parti des paysans. 

 

Mais là encore, le propos est nuancé et les solutions ne sont pas binaires. L'Intendant Sansho fait ainsi l'expérience du pouvoir en devenant membre du personnel d'encadrement du camp des esclaves où il a été placé quand il était enfant. De même, l'empereur de l'l'Impératrice Yang Kwei-Fei,choisit le pouvoir au détriment de sa compagne. Toutefois, la scène qui évoque avec une infinie subtilité la mort de celle-ci montre que Mizoguchi regrette certainement ce choix. Par la même, en filmant le bas de la traîne de l'impératrice qui enlève ses bijoux, de ses vêtements et de ses chaussures avant la pendaison, le réalisateur montre la vanité du pouvoir et des apparences qui s'efface devant la mort d'une personne redevenue un être humain comme un autre au moment de sa mort. 

 

 

 

Quelques liens 

 

 

Travail général sur l'oeuvre de MIZOGUSCHI :  http://www.cineclubdecaen.com/realisat/mizoguchi/

Une analyse complète des Amants Sacrificiés, du contexte historique dans lequel il se situe et une biographie de Mizoguchi : 
http://www.films-sans-frontieres.fr/lesamantscrucifies/presse/DP_amants_crucifies.pdf
Analyse des films :L'Intendant Sansho
  Le héros sacrilège
  L'impératrice Yang Kwei Fei
  Retour à la page d'accueil : les films de Mizoguchi
  Retour au plan général de la rubrique cinéma

 

 

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6 février 2011 7 06 /02 /février /2011 17:52

Le héros sacrilège MIZOGUCHI L'arrivée des moines

Le film s'ouvre sur la description de la situation politique : d'un côté, des moines soldats qui brutalisent la population en tirant tout leur prestige et leur pouvoir

des palanquins sacrés dont ils ont la garde. De l'autre, un empereur qui a perdu une partie importante de son pouvoir, abandonnant le gouvernement du

royaume à ses conseillers qui font primer les enjeux de pouvoir et de hiérarchie sur l'intérêt du royaume. 

 

 

 

 

Le héros sacrilège MIZOGUCHI L'arrivée des pallanquins

Le Héros sacrilège MIZOGUCHI arrivée des samourai

 

 

 

Dans ce contexte, un samouraï et son armée rentre victorieux.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Héros sacrilège MIZOGUCHI reprocheSa femme regrette que son succès ne lui permette pas d'être anobli.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

le héros sacrilège MIZOGUCHI Montage1

Le spectateur sait que si l'Empereur est favorable à cet anoblissement, ses conseillers sont contre et prennent le dessus sur l'Empereur. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Déçu du manque de reconnaissance, le fils du samouraï, héros du film ,refuse d'accompagner son père dans la nouvelle mission qui leur est confiée. 

 

 

 

 

Le Héros sacrilège MIZOGUCHI la fiancéeIl a fait la connaissance du jeune fille issue d'une famille noble mais qui est déclassée et doit travailler pour vivre. Il est tombé amoureux de la fille de la maison dont le frère oisif a pour seule activité les combats de coq. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Héros sacrilège MIZOGUCHI révélation

 

 

En ville, il fait la rencontre d'un marchand, préférant abandonner la destinée d'un samouraï à une activité plus lucrative. 

 

 

Le Héros sacrilège MIZOGUCHI révélation2

Celui-ci lui raconte qu'il est le fils de l'Empereur. Le jeune héros interroge le domestique de son père qui lui raconte que sa mère était la maîtresse de l'Empereur mais également d'un moine. 

 

 

 

Un soir, l'Empereur l'a découverte en compagnie de ce moine. La sachant enceinte et ne pouvant déterminer qui était le père de l'enfant, il demande au père du héros d'épouser la courtisane. 

 

Interrogé sur cette question, le samouraï lui assure qu'il est son fils.

 

 

 

On est frappé par l'opposition de couleur et d'atmosphère entre les scènes baignées de lumière, aux couleurs vives qui décrivent la vie et la famille de la jeune fille dont le héros est amoureux et les scènes chez le marchand ou les flash-backs qui racontent l'histoire de sa conception. 

 

Le Héros sacrilège MIZOGUCHI flasbackLe Héros sacrilège MIZOGUCHI la fiancée 3

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

De retour de sa seconde mission, le samouraï est finalement promu. Les conseillers de l'Empereur fomentent un complot pour le tuer. Averti par la famille de sa fiancée, le héros sacrilège déjoue le complot. Son beau-père est destitué mais le mariage de sa fille permet de le rétablir dans son rang en l'intégrant dans la famille du fils du samouraï. 

 

En déjouant le complot, il a également confondu sa mère dont les liens avec la cour de l'Empereur sont évidents. Il la chasse de la demeure. trahison2

 

Au décès de son père, il apprend qu'il était le fils de l'Empereur. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



Le Héros sacrilège MIZOGUCHI les palanquinsEn parallèle, sa famille est entrée en conflit avec les moines armés. Il les  défie, tire à l'arc sur les palanquins sacrés. L'absence de tout effet démontre la superstition attachée à ces objets et fait alors tomber le pouvoir des moines. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans ce film, la quête personnelle du  héros va de pair avec la sauvegarde de l'honneur de la famille contre ceux qui abusent du pouvoir impérial et qui ne sont intéressés que par les fastes et les avantages que celui-ci confère. Alors que l'Impératrice Yang Kwei Fei fait une place importante à la narration par les images, le Héros Sacrilège est plus démonstratif, les dialogues y tiennent une place importante. Seule la joie et la pureté de l'amour sont représentés avec force à l'image grâce à l'utilisation de la couleur. 

 

 

 

Travail général sur l'oeuvre de MIZOGUSCHI :  http://www.cineclubdecaen.com/realisat/mizoguchi/
Analyse des films :L'Intendant Sansho
  L'impératrice Yang Kwei Fei
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30 janvier 2011 7 30 /01 /janvier /2011 22:09

L'impératrice Yang Kwei-Fei   raconte la vie d'un empereur resté inconsolable de la mort de sa femme  dont il était très amoureux.

 

 

Le film s'ouvre d'emblée sur le thème de la solitude de l'empereur décrite par un long mouvement de caméra parcourant l'ensemble d'une pièce à l'extrême droite de laquelle on le trouve  seul.  A la demande de son fils, on vient le chercher assez brusquement pour le déménager dans un autre palais.

 

Empereur seul Mizoguchi Impératrice Yang Kwei fei

 

 

Image d'entée Mizoguchi Impératrice Yang Kwei fei

 

 

Mizoguchi-les-pruniers--Imperatrice-Yang-Kwei-fei.jpg

 

Les éléments clés du film sont ainsi posés : la solitude de l'empereur et le décrépissement  du pouvoir d'un homme seul qui ne trouve comme dernières satisfaction 

que les plaisirs solitaires de la  contemplation de la nature et la musique.

 

 

Empereur-seul-musique-Mizoguchi-Imperatrice-Yang-Kwei-fei.jpg


En parallèle est  introduite l'existence d'un groupe de personnes complotant et tentant de gravir les échelons de la hiérarchie sociale en se rapprochant de l'empereur.


Rapidement, il est clair que celui qui  parviendra à faire oublier à ce dernier défunte épouse sera récompensé.

 

Lui sont donc présentées diverses femmes qui ne conviennent pas car elles n'égalent pas l'épouse regrettée.

 

Puis finalement, est trouvée une jeune personne, cousine de riches bourgeois qui l'exploitent dans leur cuisine. Elle séduira l'empereur non par ses charmes mais en jouant du luth.

 

 

Mizoguchi Nouvel An Impératrice Yang Kwei fei

 

 

 

Elle lui fera découvrir les joies simples de la vie en l'entrainant le jour du Nouvel An dans les rues de la ville, lui faisant découvrir les danseurs, les marchands ambulants, cet univers plein de vie qui s'oppose à la rigidité del'étiquette de la cour et aux complots qui y règnent.

 

 

 

 

Nouvel an 2Mizoguchi Impératrice Yang Kwei fei


L'oncle de l'impératrice Yang Kwei-Fei est récompensé. Sa famille, la famille Yang, se parre alors de fastes qui sont mal supportés par la population locale.  Une partie de l'armée est par ailleurs manipulée par  un de leur ancien complice, qui déçu, de la récompense qui lui est attribuée, cherche à renverser le régime.

Finalement, la paix ne peut être retrouvée qu'après les meurtres des membres de la famille Yang par l'armée qui s'est mutinée et par la pendaison de l'impératrice Yang Kwei-Fei. L'interprétation du film est à ce sujet discutable. On ne sait si c'est elle même qui choisit de mourir pour rétablir l'ordre ou si l'empereur lui en intime l'ordre, faisant prévaloir les intérêts du royaume sur ses sentiments personnels.

 

 

 

 

Mizoguchi La pendaison 1 Impératrice Yang Kwei fei

 

Quoiqu'il en soit,  après une scène particulièrement subtile où l'on voit les parures royales tomber l'une après l'autre  aux pieds de l'impératrice pour seule évocation de sa mort, l'empereur s'effondre aux pieds  de la statue desa première épouse, appelant Yang Kwei-Fei  et entendant sa voix.

 

 

 

 

 

 

Mizoguchi La pendaison 2 Impératrice Yang Kwei fei

 

 

Mizoguchi scène de cloture Impératrice Yang Kwei fei

 

Si comme dans d'autres de ses films MIZOGUCHI critique ceux qui ne voient que dans le pouvoir qu'un enrichissement personnel aux dépens de la population, l'Impératrice Yang Kwei-Fei   est construit sur l'opposition entre d'une part, une société fondée sur les apparences, les richesses et le pouvoir et  d'autre part, les aspirations personnelles  de l'empereur. Son amour pour sa première épouse est en effet totalement incompris par sa cour qui s'en tient aux  apparences physiques et ne comprend pas que la communion des âmes importe bien plus.

 

De même, son goût pour la musique est perçu comme une perte de temps. Pourtant, comme dans  l'Intendant Sansho, la musique tient un rôle primordial. L'attention se porte en effet sur la cousine de la famille YANG non par sa beauté ou son rang social, puisqu'elle joue le rôle d'une domestique, mais par son chant. De même, elle séduit l'empereur en jouant au luth l'air qu'il a composé dans  l'après midi face aux pommiers en fleurs. Il lui dit alors "Nous sommes à l'unisson" et l'on comprend le lien indéfectible qui les unira désormais. Ils partageront encore cet art quand Yang Kwei-Fei  dansera dans la rue le jour du Nouvel An accompagnée au luth 

part l'empereur.

 

 

 

 

 

 

Mizoguchi La découverte de la musique Impértarice Yang Kw

L'empereur apparaît seul dans son palais après avoir fait échoué une nouvelle fois les tentatives de sa cour pour lui présenter une nouvelle courtisane. C'est la musique qui l'attire sur la pièce de gauche et qui lui fera connaître Kwei Fei. 

 

Aux dorures de son habit et du palais s'oppose la pauvreté et la crasse dans laquelle est trouvée cette dernière. 

 

La primauté donnée à  l'accomplissement personnel est particulièrement forte dans ce film et clôt d'ailleurs celui-ci en décrivant ce que l'on peut interpréter comme étant la mort de l'empereur qui ayant accompli son devoir, rejoint ses deux amours.

 

MIZOGUCHI introduit également une réflexion sur la primauté de la loi sur l'empereur lui même. Il est en effet interdit aux campagnes de l'empereur de se mêler de politique. L'empereur hésite face à la sanction à appliquer à l'une d'elles puis il se soumet à la norme qui a lui même édicté. Plus loin, c'est cette même règle qui justifiera la répudiatiion de Yang Kwei-Fei. Inquiète de la contestation montante contre sa famille, celle-ci demande à l'empereur de la chasser avec son entourage. Il refuse mais la répudie au motif qu'elle a tenté de s'immiscer dans les affaires politiques.


Si la scène de la pendaison est remarquable, L'impératrice Yang Kwei-Fei pêche par un montage très dur procédant par ellipse dans lequel le spectateur pène au premier visionnage à saisir l'intégralité de l'intrigue. Cette difficulté surmontée, on peut encore regretter que ce montage fasse perdre de la profondeur aux personnages dont la psychologie ou les sentiments sont trop rapidement évoqués.

 

Travail général sur l'oeuvre de MIZOGUSCHI :  http://www.cineclubdecaen.com/realisat/mizoguchi/
Analyse des films :L'Intendant Sansho
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28 janvier 2011 5 28 /01 /janvier /2011 21:36

L'empire du Milieu du Sud : Un documentaire de Jacques Perrin et Eric DerooL-Empire-du-milieu-du-sud fichefilm imagesfilm

 

Un documentaire  qui part de la seconde guerre mondiale et nous emmène jusqu'au retrait des troupes américaines en 1975. 

 

Que celui qui cherche un documentaire didactique sur les grandes dates du conflit, ses tournants, ses rebondissements passe son chemin. 

 

Le film  est  fait de  la juxtaposition de vieilles images d'archives mêlées à des images de couleurs plus récentes. La bande son est composée d'extraits de littérature vietnamienne, américaine ou française. 

 

La séance s'ouvre ainsi "la vie est faite de bonheur, de malheur, il faut la prendre comme elle est, on n'y peut rien". Puis, plus tard, "ceux qui ont survécu, à eux de vivre comme il faut, comme des hommes, sinon à quoi çà sert la guerre, à quoi çà sert la paix"

 

Et enfin, sur la fin du film, de manière lancinante, revient toujours cette même interrogation "Quel chemin il faut parcourir avant de mourir"

 

On peut résumer ainsi la teneur du film qui décrit la destinée d'un peuple qui depuis les années 1860 verra passer sur son sol les colonialistes français, l'armée chinoise puis l'armée française puis  enfin l'armée américaine, et qui pour lutter contre ces impérialismes, s'en remettra à Ho Chi Minh. 

 

Première époque : Indolence de la vie coloniale, images de cartes postales surexposées aux couleurs passées comme le temps qu'elle décrivent. On y voit l'insouciance de ces 20 000 français qui vivaient dans un univers protégé, vivant  de l'exploitation du peuple colonisé. 

 

Puis, c'est l'invasion chinoise, l'arrivée des armes qui changeront plusieurs fois de mais avec en arrière plan cette question  qui porte tout le documentaire : à quoi bon cette guerre sanglante ? à quoi bon la mort de ces jeunes hommes dans les deux camps ?  Boucherie aveugle, morts dans la boue des rizières sous un ciel magnifique. 

 

Force de résistance incroyable des vietnamiens luttant d'abord contre l'armée française puis contre l'armée américaine. Armée de bric et de broc face au matériel occidental, camouflage rudimentaire, canons montés à bras d'homme le long des pentes boueuses. 

 

Face à cette énergie, c'est le déferlement de la guerre mécanique mais celle-ci est évoquée de l'intérieur par les explosions de bombe, le bruit des canons et des mitraillettes. 

 

Sont filmés les visages des soldats, leurs mains, leurs regards. Ils sont avant tout des êtres humains pris dans leur destin, l'Histoire de leur peuple, engagés pour une cause qui les dépasse mais  qu'ils serviront jusqu'à la mort, comme l'évoquent les nombreux plans panoramiques s'ouvrant sur l'immense forêt tropicale. 

 

Les archives proviennent d'un camp comme de l'autre mais finalement, c'est la même désolation, les mêmes regards vides. 

 

Un très beau documentaire qui,  en prenant contrepied des films américains abordant le sujet comme Platoon ou Full Metal Jacket  dont la force critique est exclusivement fondée sur leur extrême violence, parvient à souligner encore mieux la violence d'une guerre, l'absurdité de son enlisement, tout en conservant un point de vue presque neutre centré sur les humains eux mêmes, quelque soit leur camp, et non sur les logiques politiques dont ils ne sont que l'instrument. 

 

Finalement, tout est dit à la première phrase. Chacun doit faire avec son destin bon ou mauvais, combattre dans le camp où il se trouve. 


Ce qui fait la force du documentaire, ce sont ces textes écrits par ceux qui ont vécu les événements filmés, qui ont fait partie de ces millions de fourmis qui ont été agités par la succession des guerres pendant près de 20 ans. 

 

 

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9 janvier 2011 7 09 /01 /janvier /2011 23:40

Un premier article sur le cinéma de Mizoguchi que j'ai découvert récemment. 

 


 

Kenji MIZOGUCHI est né le 16 mai 1898 à Tokyo et est mort le 25 août 1956 à Kyoto.7

Il a réalisé  de très nombreux films dont seulement certains ont été conservés jusqu'à ce jour. 

 

L'Intendant Sansho retrace la vie d'un fils de gouverneur destitué pour avoir pris le parti des paysans de sa circonscription. Il trouve d'abord refuge avec sa mère et sa soeur chez des membres de sa famille avant d'en être chassés. 

 

retrouvailles.jpgC'est au cours de ce périple que le héros et sa soeur sont faits prisonniers et envoyés dans un clan d'esclaves tandis que leur mère est déportée dans une autre île pour être prostituée. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Après une longue élipse, on retrouve Sansho et sa soeur dans le camp. Il est devenu membre de l'encadrement des esclaves et en arriveà commettre les pires brutalités comme le marquage au fer rouge du front de

marquage.jpg ceux qui ont essayé de fuir, ce qui entraîne la désapprobation de sa soeur. 

 

Puis, se ravisant et prenant conscience de son attitude contraire aux préceptes que son père lui a transmis avant de le quitter "Un homme fermé à la pitié n'est pas humain. Sois dur pour toi-même et généreux pour les autres. Tous sont égaux et ont droit au bonheur", le héros décide de fuir avec sa soeur.

 

 

 

 

noyade

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Elle ne peut le suivre et préfère se noyer et que d'être torturée et de risquer de dénoncer son frère. 

 

 

noyade2

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Devenu intendant,  Sansho fait libérer le camp d'esclave avant de partir à la recherche de sa mère qu'il trouve dans un état de déchéance totale, mutilée pour éviter qu'elle ne s'échappe, vieillie et pauvre. 

Il arrive en revanche trop tard pour son père dont il apprend la mort. 


champ de coton

Au delà de ce résumé rapide, Mizsoguchi décrit avec une grande finesse le cheminement de la famille sur le chemin de retour pour retrouver leur père, perdus dans les champs de coton.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'ensemble du film est construit sur des parallèles entre l'enfance des enfants et leur vie d'adulte. C'est en effet l'éducation reçue par Sansho qui explique sa rédemption à l'âge adulte.  Ainsi, on retrouve quasiment la même scène à deux moments distincts du film.

 

entraide-copie.jpg

 

 

 

La première fois, quand perdue dans la nuit, la famille décide de construire un abris de fortune et que les deux enfants s'entraident. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

entraide2

 

 

Puis, une seconde fois, après la prise de conscience de Sansho, le frère et la soeur s'entraident pour construire un monument funéraire à un des esclaves, ce qui a pour

but de permettre à Sansho de s'enfuir. Mizoguchi signifie ainsi la réconciliation du frère et de la soeur avant son suicide.  

 

 

 

 

 

 

 

Le frère et la soeur apprennent que leur mère n'est pas morte après avoir rencontré une esclave originaire de l'ile sur laquelle elle a été déportée qui chante une chanson qui est un appel adressé à deux enfants perdus du nom de  Sansho et de sa soeur. 

Encore une fois, ceci fait appel à une scène antérieure où la mère appelle dans la campagne ses deux enfants partis plus loin. Leur nom dans le vent ressemble déjà à une mélodie que la mère chantera inlassablement après sa déportation. 

Ainsi, malgré la séparation géographique et le temps écoulé, c'est la force l'amour maternel qui permettra aux enfants de retrouver la trace de leur mère.  

 

 

Travail général sur l'oeuvre de MIZOGUSCHI :  http://www.cineclubdecaen.com/realisat/mizoguchi/

Une analyse complète des Amants Cruxifiés, du contexte historique dans lequel il se situe et une biographie de Mizoguchi : 
http://www.films-sans-frontieres.fr/lesamantscrucifies/presse/DP_amants_crucifies.pdf
Analyse des films
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