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27 décembre 2010 1 27 /12 /décembre /2010 17:53


 

Harry Callahan est un photographe américain né en 1912 à Détroit dont certaines photographies ont récemment été exposées à la Fondation Cartier Bresson à Paris. 

 

 

 

Il ressort de l'ensemble de ses photographies un profond sentiment de tendresse et d'humanité, qu'il s'agisse des portraits de sa femme et de sa fille maintes fois photographiées ou celles des passants dans les rues.callahan

A aucun moment, on ne tombe dans les clichés convenus de la photographie de famille ou de l'ambiance urbaine. Au contraire, Callahan n'hésite pas à photographier son épouse et sa fille dans des paysages urbains durs, dans des plans larges où elles semblent perdues au milieu d'une immensité d'asphalte, ne représentant qu'une figure géométrique parmi d'autre.

 

callahna

 

 

Elles ne sont pas pourtant réifiées. Il ne semble  pas que le propos de ces clichés soit de dénoncer l'inadaptation des humains à leur environnement moderne, comme a pu le faire Antonioni dans sa célèbre trilogie La Nuit, l'Aventura et l'Eclipse.Mères et filles intègrent à leur paysage quotidien, mêlant leur silhouette à l'environnement ambiant. Les portraits, les décors et l'exposition sont épurés, il n'en ressort que l'essentiel. 

 





 

callahan1230201435 antonioni l avventura 1960

 

callahan

Tel le portrait en plan rapproché de Mme CALLAHAN  où seuls ses principaux traits ressortent. De même, une profonde sensualité ressort de cette brindille surexposée dont le tracé hésitant donne au sujet toute sa force et tout son sens.

 


 

 


 

 

callahan

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce qui semble importer est la beauté de la ligne, l'harmonie de la composition. D'ailleurs, quand CALLAHAN photographie la nature, il en fait aussi ressortir les lignes géométriques ou il s'évade à travers des montages où des corps de femme ou de jeux d'enfants apparaissent en surexposition, montrant le lien intense qui existe encore entre les êtres les plus chers aux yeux du photographe et le monde environnant. 

 

callahan

 


Pour finir, je vous conseille ce site pour un autre compte rendu de l'exposition 

http://l.oeil.curieux.blog.free.fr/index.php

 

Retour vers le plan général de la Rubrique

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27 décembre 2010 1 27 /12 /décembre /2010 13:32



Quelques photographies de la nature en vue rapprochée et sous des angles inhabituels.

 

 

 

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25 décembre 2010 6 25 /12 /décembre /2010 10:55

 

Synopsis : Un jeune homme est recherché par la police en raison du meurtre d'un policier. Alors qu'il devrait fuir au plus vite, il reste dans la capitale afin d'entrer en contact avec une personne qui lui doit de l'argent et vit un flirt avec une jeune fille américaine interprétée par Jean Seaberg. 


Ce qui marque immédiatement est la vitesse avec laquelle les plans s'enchaînent, le rythme est saccadé, comme une course, quitte à perdre de la précision narrative.

vivre-dangereusement-jusqu-au-bout.jpg

 

Quelques indications sur la situation du personnage principal et sa psychologie sont données par les affiches de film sur lesquelles le réalisateur insiste suffisamment longtemps pour que le spectateur puisse lire le titre et apprécier la portée du plan.

 

 

plus dure sera la chute

 

On suit les personnages à un moment donné. On les retrouve plus tard mais est ce  la même journée ? Qu'on ils fait pendant ce temps ? Comment Jean Paul Belmondo et Jean Seaberg se retrouvent à plusieurs reprises sans se donner un lieu de rendez vous précis ?

Qu'importe le réalisme, ce qui compte est la rapidité du rythme, la tension qui se dégage de la fuite de JP Belmondo et de sa traque par les services de police. Cette impression est encore accrue par les scènes de vitesse en voiture, notamment dans le taxi qui n'apportent aucun élément à la structure narrative mais qui rendent une sensation de vitesse.

De même la course de Belmondo après le meurtre du policier qui contraste avec la dernière scène du film.

 

 

 

Le montage sous tend cette impression de rapidité. Les contre champs sont parfois éliminés. 

Dans la scène du rendez vous aux Champs Elysées, le même dialogue est construit à partir de plusieurs rush, ce qui produit un léger décalage à chaque coupure et casse l'unité de temps de celui-ci. L'ennui de Jean Seaberg est ainsi immédiatement perceptible pendant qu'est ridiculisé son amant dont le propos apparaît comme saccadé, presque clownesque. 

 

vous-n-avez-rien-contre-la-jeunesse.jpgCe mode de narration est celui de la Nouvelle Vague dont A bout de Souffle est le manifeste. D'ailleurs, GODARD insère un  clin d'oeil à la revue des Cahiers du Cinéma dont les réalisateurs de la Nouvelle Vague sont issus. Crânement, GODARD résume dans cette scène la rupture de style qu'entendent créer ces derniers avec le cinéma traditionnel en faisant dire à la réalisatrice qui distribue les Cahiers du Cinéma dans la Rue "Vous n'avez rien contre la jeunesse ? ". Est aussi annoncé le changement social et la déferlante jeunesse qui bousculera les années à venir. 

 


On retient la relation entre Michel Poiccard et Patricia , notamment la longue scène dans la chambre de cette dernière. Le décalage entre le parlé populaire de Belmondo et l'accent anglais de Jean Seaberg ajoute  du piment aux dialogues. Le parlé de Belmondo est l'occasion de monologue incroyable, frais et naturel. Ces moments sont l'occasion de décrire la personnalité de JB Belmondo, exaltée, brouillonne mais aussi poétique, qui file comme les véhicules. 

 

Au delà du simple jeu d'acteur, le film retrace l'ambiance d'une époque : les cheveux courts à la garçonne de Jean Seaberg, ses tenues typiquement des années 60, la multiplication des voitures. jean seaberg-copie-1 

 

Mais surtout est annoncé le changement social qui fera tanguer toute la décennie. La libération des moeurs est  très présente. Les deux personnages principaux parlent ainsi librement de leur sexualité. Belmondo demande sans ambage  à Jean Seaberg s'ils vont coucher ensemble ce soir. On comprend également que Jean Seaberg a déjà eu des relations avec d'autres hommes. D'ailleurs, dans le film, elle trompe Belmondo avec l'attaché de presse. Et, au détour d'un dialogue, on comprend même qu'elle est enceinte, ce qui explique l'allusion à l'avortement lors du rendez vous aux Champs Elysées. 

 

 

la libération des moeurs

 

 

 

La libération des moeurs passe aussi par les images habilement distillées par Godard dans certaines scènes : affiches sur le mur ou extraits de journaux. 

 

 

Apres-tout-je-suis-con-copie-1.jpg

 

 

 

Retour au plan général de la rubrique cinéma

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24 décembre 2010 5 24 /12 /décembre /2010 11:44

 

Le développement de la Bourgeoisie par le commerce

Le second Empire est le théâtre de la montée des classes par l'argent et non plus par le prestige propre au système de l'Ancien Régime. La France connaît en effet alors sa révolution industrielle et les villes deviennent l'attrait économique principal, la Révolution a détruit l'ancienne hiérarchie sociale , laquelle fut reconstruite par l' Empire sous le signe de la richesse et du mériteLa recherche du bonheur matériel explique aussi l'attitude de l'ensemble des parisiens contre Florent.

Ce dernier est le maigre, il est celui pour qui le bonheur matériel n'a que peu d'importance. Il est surtout décrit par ses qualités intellectuelles et par son apparence physique (Cf l'idéalisme de Florent qui écrit fiévreusement dans sa chambre à la nuit tombée), signe de son désintérêt pour le plaisir de la table et du corps; d'ailleurs, son refus - voire sa peur - des avances de la poissionière montre son rejet de tout plaisir corporel.Le Ventre de Paris se fonde en effet sur l'opposition entre les "gros " et les "maigres; "les "gros" symbolisant ceux qui ont réussi se liguent contre les maigres qui représentent quant à eux ceux pour qui l'argent n'a pas d'importance, ceux qui ne sont pas attachés au confort matériel. Ils apparaissent dangereux et suscpects car ils sont prêts à tout, ils n'ont pas peur de perdre leur considération sociale.Alors que les gros peuvent tout accepter pour ne pas perdre leur bien être matériel. Ils acceptent le régime totalitaire de l' Empire décrit en filligrane par la peur de Lisette de l'armée parce que selon cette dernière "les affaires marchent bien ", ils trahissent leur famille qui semblait pourtant être importante au vu de l'accueil réservé à Florient et, paroxysme d'une société matérielle, c'est sous les conseils d'un prêtre que Lisa se résoud à la dénonciation ! La vertu se résume ainsi à l'honnêteté financière même pour les hommes d'église.

Cette conception du monde éminemment matérialiste explique aussi les rivalités entre gros, on s'inquiète des rumeurs, on se surveille mutuellement ( Cf les personnages de madame Lecoeur et de Sariette),on cherche à se dépasser par l'apparence comme l'illustre la guerre vestimentaire que se livrent Lisa et Louise Mehudin. La recherche du capital anhile tous les rapports amicaux et amoureux , les relations sont fondées sur la rivalité sociale, sur la peur de celui qui est plus puissant de par sa richesse, de perdre ses relations qui en sont la condition sine qua none, les clients étant surtout et avant tout des clients. Chaque relation est donc fondée sur l'appat du gain comme le montre d'ailleurs l'attitude de Lisa qui, dès qu'elle apprend l'existence de son beau frère, pense à lui faire partager une part de son héritage, comme si le lien qui l'unissait à lui était une relation de droit et non de sentiments.

De même, la relation entre l'ancien garde des docks et sa femme se résume à des questions financières : elle pleure non pas son mari mais la perte de son revenu et convaint Florent de lui donner une pension. De même, entre Louise et son mari où le récit montre l'absence de sentiments forts les liant l'un et l'autre, ils ont d'abord une relation de maitre à apprenti qui semble jamais se dissiper. D'autre part, l'argent s'il est important doit être thésaurisé, Florient est donc critiqué car il est supposé être dépensier.

A noter toutefois que ce jeu de relations est typiquement parisien, c'est d'ailleurs une sensation de libération qu'éprouve Florient lors de sa virée hors de Paris, les relations y sont aussi plus sincères et humaines. Se vérifie donc sous la plume de son inventeur la théorie de la détermination des personnes par leur milieu.La ville est le théâtre de la révolution industrielle, ce qui explique cette soif des capitaux alors que la campagne est protégée de l'appat du gain.

De même, Cadine et Marjolin échappent à la conception matérialiste du monde, ils s'adonnent aux plaisirs simples et innoncent de l'amour, le plaisir corporel se trouve pour eux en dehors de tout préjugé, ces actes sont pour eux aussi naturels que l'amour fraternel entre un frère et une soeur. Plusieurs images les associent d'ailleurs à des bêtes, ils sont enfants de la campagne dans la ville. Leur comportement semble lui aussi être influencé par leur milieu. Ils se sont élevés seuls sans éducation, abandonnnés de leurs parents, Zola semble donc déduire que le comportement "par défaut" c'est à dire sans socialisation est le leur, l'appat du gain en ce qu'il prive l'être de sa dimension humaine nous est donc présenté comme une perversion.

 

L'ascension sociale des Femme

Nana, fille de Gervaise Macquart et de Lantier, fait ses débuts au théâtre dans un petit rôle très dénudé. Nana est un roman très étonnant car il aurait pu être écrit par Balzac de par ses thèmes. On y décrit en effet les hautes sphères de la société il est question de ducs, de liens de parenté compliqués, de toilettes magnifiques, de décors somptueux. Le monde de la presse, ses influences, sa corruption est omniprésente, ce qui rappelle
 Illusions perdues de Balzac. Seul point de dissonnance : la présence de Nana, fille d'un ivrogne et d'une lessiveuse ayant passé toute son enfance dans le quartier de la Goutte d'Or ( CF l'Assomoir) . Comment , une fille de si basse condition a-t-elle pu se glisser dans de telles relations sociales ? L'objet du livre est donc de décrire les moyens pour une femme de gravir les échelons de la société.

La première scène nous décrit très longuement un monde où tout le monde se connaît tout en se toisant, comme au théatre des Italiens chez Balzac. Puis, apparaît sur scène Nana, presque nue , ridicule dans ses gestes pompeux, ne plaisant que par son physique langoureux.Nana a du succès, elle reçoit donc le grand monde mais la soirée est désastreuse, on ne s'y amuse pas et elle découvre que ses invités sont venus pour rire d'elle et non pour lui faire honneur. 

Puis, peu à peu, elle se laisse séduire par Frontan, un comédien d'abord très agréable avec elle. Elle quitte pour lui son appartement luxueux.Ils habitent plus loin  de Paris mais qu'importe puisqu'elle l'aime, elle ne va plus au théatre et voit beaucoup moins d'hommes qu'auparavant. A ce stade, elle aurait pu mener la même vie que ses parents, peut être un plus confortable mais Frontan, la bat , devient intraitable, ne lui donne quasiment plus d'argent pour faire tourner le foyer, l'oblige par la force des choses à se prosituer. Elle vit dans la rue, dans la peur obsédante de la police, seule, mais, le jour, elle prend goût à la vie confortable que offre son nouveau mode de vie. 

Elle revient alors dans son ancien quartier , prenant comme amant les grands de ce monde et leur soustrayant jusqu'au dernier louis. Ces étapes nous montre son ascension sociale qui n'est due qu' à son argent (CF le développement de la société matérialitse). Elle a réussi car elle est riche, telle est son ascension par le même moyen que dans le Ventre de Paris et dans la même société qui en tout en connaissant sa prostitution l'ignore. 

Elle devient alors mangeuse d'hommes, prête à tout pour les séduire et leur soutirer leur monnaie, elle ruine les dernières gradés fortunés de l'ancienne bourgeoisie qui s'essoufle, ne pouvant suivre les fastes des industriels nouvellement fortunés et c'est au détour d'une ligne, qu'il nous apparait sa motivation profonde : c'est que sous son apparence de légèreté et de grande enfant , il y a chez Nana une volonté de sortir de la misère de ses parents, de les venger en conduisant à la faillite les plus riches du monde. 
Puis quand elle aura usé tous les riches de ce monde, elle usera sa fortune et sa vie pour mourrir de la petite vérole en même temps que résonne les premiers coups de feu de la guerre de 1870 et que résonne la fn de l' Empire.

 

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24 décembre 2010 5 24 /12 /décembre /2010 10:24

Après Son Excellence Eugène Rougon et La Curée retraçant la destinée des deux frères aînés atteignant les hautes classes sociales et politiques, une série de romans vient nous dépeindre et surtout critiquer de façon grinçante la moyenne bourgeoisie : principalement, il s’agit de Pot Bouille, Le Ventre de Paris, Une Page d’Amour. 

Pot Bouille met en scène Octave Mouret jeune, fils de François Mouret , un commerçant et de Marthe Rougon, cousine de François. Dans le Ventre de Paris, leur cousine Lisa tient une charcuterie prospère dans Paris. Enfin, Une page d’Amour rend compte des ultimes représentants d’une des branches de cette immense famille : Hélène Mouret, soeur de François et sa fille Jeanne. La première vivra alors qu’elle est veuve une passion avec un médecin marié, entraînant sa fille à la santé morale et physique fragiles vers la mort. 
C’est ainsi la seconde génération des Rougon Macquart qui est caractérisée, malgré des vies dissemblables, par une même morale d’apparence parfois soutenue par la religion et masquant souvent l’adultère, des relations intéressées et cruelles.

Fièvre de l’or et adultère


Derrière une conduite mondaine, les acteurs des trois romans apparaissent comme de véritables manipulateurs et calculateurs, cherchant à atteindre leurs fins par tous moyens. Si Octave cherche dans Pot Bouille à utiliser les femmes au service de son enrichissement se rapprochant ainsi de Mme Hédouin, il n’est pas le centre de l’intrigue qui se centre sur Mme Josserand, énorme madone autoritaire soucieuse de maintenir un rang social qu’elle n’a pas et menant la recherche d’un époux pour ses deux filles avec une rigueur militaire, montant de savantes stratégies et enseignant l’art de l’amour à ses filles comme l’art des champs de bataille. ( Pour une description des Josserand ). C’est une véritable machine de guerre qui gronde chez les Josserand où le contraste entre apparence et vérité est souligné par le jeu de la mère qui, tout aussi impérieuse avec ses bonnes successives, leur refuse tout avantage, les critique sans cesse pour désespérément conserver la majorité de sa richesse pour les mondanités et prétexte leur malhonnêté pour justifier de la misère qui finit toujours par transparaître.


Autre auxiliaire et objet de manipulation : le vieil oncle alcoolique mais pas incrédule ;on espère de lui qu’il aide au mariage de ses nièces par quelques versements et on s’évertue ainsi à le saouler et à le cajoler pour qu’il cède enfin. En attendant pour masquer une pauvreté qui frôle la misère, elle raccommode et modifie ses quelques tenues et celles de ses filles pour faire apparaître la diversité de la richesse et ainsi appâter un mari fortuné qui pourrait entretenir la famille toute entière. Les sorties dans les bals parisiens se soldent souvent pas des rentrées à pied sous la pluie et sans fiacre, par des repas de misère. Les soirées tenues chez eux et les autres locataires représentent de nouvelles opportunités pour compromettre un jeune homme naïf.


Pire encore, parce que plus ténu de par la personnalité du personnage, est la façon dont Lisa se débarrasse du frère de son mari l’accusant à tort, et ce, pour que les rumeurs pesant sur lui ne viennent pas compromettre la réputation de son commerce florissant et condamne ainsi Florent à la mort.( Plus de détails ) Pourtant, à la différence de Mme Josserand, Lisa semblait posée et aimante avec son visage plein de bonhomie rouge et bien tendu et dont la vie semble remplie d’amour et de quiétude. Sa placidité reflète l’hypocrisie dont elle n’est pas nécessairement consciente ( alors qu’il arrive à Oscar de se sentir coupable de son attitude ), tout coule sur elle sans la blesser y compris sa propre conduite. Cette placidité et sa description physique la fait ressembler à sa cousine Hélène Mouret dont le goût pour une vie calme, sans heurt est longuement décrit . La passion de cette dernière est décrite dans Une page d’amour qui montre comment elle en vient à délaisser sa fille fragile jusqu’à la tuer pour finalement reprendre une vie plus « rangée » en se remariant. La fin d’Une Page d’ Amour est à ce titre saisissante puisqu'après une longue ellipse, on la voit réapparaître sous son nouveau nom de femme mariée comme s’il s’agissait d’une autre personne alors que Zola nous avait entraîné au plus profond de sa psychologie. Cette brusque distanciation soutient en fait celle que prend l’héroïne face à sa passion cachée. En effet, si la dernière scène nous la montre sur la tombe de sa fille, on la sent peu affectée, heureuse de quitter Paris qui symbolise ce qui ne semble être à ses yeux qu’une mésaventure, tout comme par ailleurs Lisa ne sent pas de remord pour son attitude.


Le titre "Pot Bouille" invoque un chaudron dans lequel mijote un bouillon, il y a cette idée d’effervescence intérieure et occultée d’un point de vue extérieur comme le montre l’arrivée d’Octave dans les couloirs silencieux de la demeure et à qui on fait remarquer la grande moralité des autres locataires. Le gardien qui est le lien entre l’intérieur et l’extérieur - puisque placé à l’entrée de l’immeuble - s’évertue à chasser les mauvais éléments et représente la morale telle qu’elle est défendue ardemment par toussouligne ainsi l’écart entre ce que soutiennent les habitants de l’immeuble et leurs actes. 



Pot Bouille, de par le titre, mais surtout de par le lieu quasi unique d’action, catalyse ainsi cette vie à double facette mêlée d’apparence et d’hypocrisie. En effet, le lieu principal de l’action est la demeure où résident les personnages principaux en tant que locataires et dont les cuisines donnent sur une cour intérieure. Ainsi, les domestiques communiquent en s’interpelant des fenêtres donnant sur cette cour et échangeant les critiques, railleries et mésaventures de leurs patrons. C’est donc parce que l’on se trouve dans le lieu de vie des personnages où se trouve les coulisses de leur rôle social que Pot Bouille montre ce qui n’est que sous entendu dans les autres romans où la vie apparente prime et où le narrateur n’insiste que peu sur les intérieurs. 


Les eaux usées sont déversées dans la cour intérieure de même que le linge est lavé ici. C’est à cette occasion que les bonnes médisent avec toute la vergue parisienne sur leur patrons mais on peut se demander si ce n’est pas Zola qui se cache dans ces voix pour souligner encore plus que ne le fait déjà la déroulement de l ‘intrigue l’immoralité la plus totale dans laquelle vive cette soi disant bourgeoisie. Celle ci laisse ainsi sans aide une pauvre femme accoucher sans aide sous prétexte que le père est inconnu alors que tous les soirs les hommes de la demeure rencontrent les bonnes logées sous les toits et que Berthe (une des filles Josserand ) trompe son mari avec Octave qui en parallèle fait des avances à Valérie et fait un enfant à Mme Pichon.


La religion

L’utilisation de la religion par les personnages




S’ils s’affirment comme chrétiens et croyants, tous ces personnages ne sont pas pratiquant ou du moins ils ne le deviennent que ponctuellement. Ainsi , si Hélène ne vas régulièrement à la messe, elle reçoit un prêtre à sa table chaque semaine puis se tourne vers la religion à l’occasion de la fête de la Sainte Vierge vue comme une mondanité et orchestrée par une de ses amies bourgeoises très frivole qui organise la cérémonie comme elle organisait les bals costumés d’enfants. La religion apparaît donc comme un divertissement pour cette femme qui trompe par ailleurs son mari. Cependant, Hélène semble y trouver le même réconfort que sa cousine Marthe Rougon comme substitution à sa passion ou comme personnification en la personne de Dieu de cet amour interdit. D’une façon plus matérielle, c’est aussi une façon de rencontrer son médecin bien aimé. De même, Lisa ira se confier à un prêtre au moment de dénoncer son beau frère. La religion apparaît alors pour tous comme un exutoire et non pas comme une conviction qui les suit au quotidien mais comme paravent à leur immoralité. Plutôt que de corriger leur vice, la religion agit comme un réparateur de conscience.

 

Le rôle du clergé( les médecins et le clergé : pour aller plus loin)

 

Les membres du clergé semblent conscients des travers de leurs fidèles et essayent de les corriger mais sans pour autant les rejeter hors de leur Église. Le prêtre conseille Lisa et la pousse à dénoncer son beau frère, dans Pot Bouille, le prêtre cherche à réconcilier Berthe, la fille de Mme Josserand, et son mari alors que celle ci a commis un adultère avec Octave. De même, dans une Page d’ Amour, le prêtre joue le rôle d’intermédiaire entre Hélène et son futur mari pour aider celle ci à retrouver le droit chemin. Ainsi, le clergé semble pragmatique, voire immoral dans le Ventre de Paris.
Le rôle assigné au clergé est particulièrement souligné dans Pot Bouille où le médecin et le prêtre vont ensemble, l’homme de foi et l’homme de science que tout à priori sépare, marchant main dans la main pour soutenir leurs proches, l’un et l’autre pénétrant au plus profond de l’intimité des familles, se montrant comme des observateurs privilégiés de cette société.

 

 

Liens pour aller plus loin

Liens généraux http://www.lettres.net/roman-naturaliste/emile-zola.htm

Pot bouille au théâtre par Emile Zola : préface del'adaptation théatrale de Pot Bouille

Une bonne étude de Pot bouille avec des extraits annotés de Zola et Paul Alexis et une étude des thèmes abordés http://www.multimania.com/jccau/ressourc/romnatu/zola/zolaenqu.htm
Une page d'amour à télécharger (taper dans "Recherche" Zola puis parcourir les résultats) http://gallica.bnf.fr/
Le ventre de Paris à télécharger http://catalognum2.bnf.fr/html/i-frames.htm
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23 décembre 2010 4 23 /12 /décembre /2010 20:46

 

la condition humaine-magritte.1261655386

La fenêtre enferme le champ de vision comme elle définit les rebords du sujet. 

 

Elle devient  le cadre naturel à la place de celui de la photographie ou du tableau.  Il y a un double cadre et donc une mise en abyme des sujets  et de la multiplicité des représentations.
Au delà,  l'ouverture sur la fenêtre fait apparaître les rapports entre l'intérieur et l'extérieur, seul élément attrayant de la représentation, l'oeil du spectateur est attiré vers le paysage extérieur qui lui donne l'envie de s'enfuir de l'intérieur triste et sombre pour dépasser les cadres de l'oeuvre et découvrir cet extérieur campagnard et sauvage. 
Mais à bien y réfléchir, l'extérieur est lui même stylisé et pauvre dans ses éléments et stéréotypé. L'enfermement est donc total et le choix se fait entre deux représentations d'une même réalité dont l'une est seulement plus attirante que l'autre. 
Magritte, La Condition Humaine  
Dans le second tableau, la désillusion est encore plus claire. La fenêtre qui donnait à voir un beau paysage de mer ensoleillée s'ouvre sur un fond noir. La fenêtre n'est qu'un décor en trompe l'oeil. L'homme est enfermé dans un réel qui l'emprisonne, limite ses facultés et ne lui offre que des paliatifs sous forme d'images masquant sa condition. 

magritte la lunette d approche
  Magritte, La lunette d'approche

     
Reflets-et-surrealisme-0004-modif.jpg

Voici en guise de prolongement  et sur le même thème une photographie du château de Cheverny (Loire et Cher).

La photoghraphie a été retouchée afin d'atténuer le contraste et de rendre un effet proche du dessin pour les éléments ancien du décor intérieur.

 

 

Vers d'autres Cover 


 

 

 

 


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23 décembre 2010 4 23 /12 /décembre /2010 18:48

Dans la même série, quelques photographies jouant avec les reflets et les ombres. Qu'est ce qui est au premier plan ? Qu'est ce qui est au second plan ? 

Les repères traditionnels se perdent.

 

 laCroixFry 2007 409

Voici tout d'abord des reflets d'une rambarde sur un mur de crépi.  Le crépi grossier renvoie à l'âpreté de l'enfermement. La superposition du mur et des barreaux renforce cette impression. L'un et l'autre cloisonnent et restreignent l'espace. Le crépi et l'éclairage donnent dans le même temps un sentiment de fragilité, les barreaux semblent trembler comme s'ils étaient rongés ou comme si le vent les faisait ployer. 

Reflets-et-surrealisme 0055

 

De même, la photographie postée dans l'article précédent et que je ré-édite pour faciliter la lecture, montre le reflet de bougies sur le support du mur. On croit d'abord voir un simple chandelier mais les bougies qui y apparaissent ne sont que des reflets ? Fugacité de la bougie allumée pour telle prière, tel souhait, pour rendre tel hommage. Persistance aussi de la pensée qui préside à ce geste après l'extinction de la flamme.

 

 

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20 décembre 2010 1 20 /12 /décembre /2010 19:29

Avez vous déjà remarqué ? Avez vous déjà remarqué comme des petites choses peuvent avoir l'air extraordinaires si on les regarde sous un certain angle ? comme des jeux de reflets changent la perception réaliste que nous avons du monde ?


Evidemment, ce n'est pas une découverte et de grands photographes dont je vous parlerai plus tard ont déjà traité de la question, jouant du sentiment ou du sens caché que peuvent révéler des reflets ou  des superpositions. 

 

Voilà donc en ce deuxième jour de la vie du blog quelques photographies que j'aimerai modestement partager avec vous. 

 

Qu'en pensez vous ? Je ne commente pas, il s'agit de ne pas s'arrêter au représentant mais d'aller au delà de la simple copie du réel qu'offre la photographie 

 


 

Reflets-et-surrealisme-0055.JPG
Paray Le Monial, Eté 2009
Reflets-et-surrealisme-0063.JPG
La Fierté St Aubin, été 2010
Reflets-et-surrealisme 0022
La Fierté St Aubin, été 2010
Reflets-et-surrealisme-0069.JPG
Beaubourg, Hall d'Accueil, Janvier 2010

 


 




 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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19 décembre 2010 7 19 /12 /décembre /2010 19:30

 

 

Bonsoir à tous, 

 

J'ai découvert récemment un blog de mode où l'on peut voir de belles photographies de tenues mais aussi des atmosphères qui font intelligemment partager l'univers de son auteur.

 

Je vous recommande donc chaleureusement la lecture de ces sites http://www.paulinefashionblog.com et http://www.grungemanners.com/

 

A défaut d'avoir un regard aussi pointu sur la mode, je souhaiterai simplement faire partager quelques unes de mes photographies centrées sur les atmosphères de tous les jours, de ces petits riens qui, si on y prête attention, font une petite étincelle dans la vie quotidienne, rendent jolis un lieu austère. Jeu de transparence, de lumière qui modifient notre vision du quotidien et qui,  la fraction d'un instant, peuvent nous emmener un peu plus loin. 

Voici donc ces quelques grains que vous aimerez peut être et qui évolueront certainement au fil du temps, de mon humeur et de mes rencontres. 

 

 Gaëlle

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