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4 février 2011 5 04 /02 /février /2011 20:57

Après une semaine on ne peut plus calme sur mon petit blog, mes conseils du vendredi. 

 

1ere recommandation : La semaine des Nouveaux Chemins de la Connaissance sur Nietzsche. Comme d'habitude, je ne me lancerais pas en la matière dans un grand résumé. Juste dire que cette série permet d'approfondir la pensée de ce philosophe dont les idées sont souvent résumées à la théorie du surhomme qui aurait inspiré les régimes totalitaires du siècle suivant. 

 

Au fil des émissions, on découvre une philosophie vivante, faite de multiples facettes qui remet en cause les structures habituelles de la pensée, interroge la manière même de philosopher.

 

Pour compléter, une émission sur un homme de la même époque : Wagner dans 2000 ans d'Histoire

 

La musique de Wagner, l'ambiguité de son personnage, l'analyse de son oeuvre musicale : voilà un court résumé de ce que vous apprendrez dans ce podcast. A noter que les Nouveaux Chemins de la Connaissance reviennent sur le lien entre Nietzsche et  Wagner, l'attrait qu'eu le premier pour le second puis le détachement du philosophe notamment avec l'antisémitisme du compositeur.

Bonne écoute !

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30 janvier 2011 7 30 /01 /janvier /2011 22:09

L'impératrice Yang Kwei-Fei   raconte la vie d'un empereur resté inconsolable de la mort de sa femme  dont il était très amoureux.

 

 

Le film s'ouvre d'emblée sur le thème de la solitude de l'empereur décrite par un long mouvement de caméra parcourant l'ensemble d'une pièce à l'extrême droite de laquelle on le trouve  seul.  A la demande de son fils, on vient le chercher assez brusquement pour le déménager dans un autre palais.

 

Empereur seul Mizoguchi Impératrice Yang Kwei fei

 

 

Image d'entée Mizoguchi Impératrice Yang Kwei fei

 

 

Mizoguchi-les-pruniers--Imperatrice-Yang-Kwei-fei.jpg

 

Les éléments clés du film sont ainsi posés : la solitude de l'empereur et le décrépissement  du pouvoir d'un homme seul qui ne trouve comme dernières satisfaction 

que les plaisirs solitaires de la  contemplation de la nature et la musique.

 

 

Empereur-seul-musique-Mizoguchi-Imperatrice-Yang-Kwei-fei.jpg


En parallèle est  introduite l'existence d'un groupe de personnes complotant et tentant de gravir les échelons de la hiérarchie sociale en se rapprochant de l'empereur.


Rapidement, il est clair que celui qui  parviendra à faire oublier à ce dernier défunte épouse sera récompensé.

 

Lui sont donc présentées diverses femmes qui ne conviennent pas car elles n'égalent pas l'épouse regrettée.

 

Puis finalement, est trouvée une jeune personne, cousine de riches bourgeois qui l'exploitent dans leur cuisine. Elle séduira l'empereur non par ses charmes mais en jouant du luth.

 

 

Mizoguchi Nouvel An Impératrice Yang Kwei fei

 

 

 

Elle lui fera découvrir les joies simples de la vie en l'entrainant le jour du Nouvel An dans les rues de la ville, lui faisant découvrir les danseurs, les marchands ambulants, cet univers plein de vie qui s'oppose à la rigidité del'étiquette de la cour et aux complots qui y règnent.

 

 

 

 

Nouvel an 2Mizoguchi Impératrice Yang Kwei fei


L'oncle de l'impératrice Yang Kwei-Fei est récompensé. Sa famille, la famille Yang, se parre alors de fastes qui sont mal supportés par la population locale.  Une partie de l'armée est par ailleurs manipulée par  un de leur ancien complice, qui déçu, de la récompense qui lui est attribuée, cherche à renverser le régime.

Finalement, la paix ne peut être retrouvée qu'après les meurtres des membres de la famille Yang par l'armée qui s'est mutinée et par la pendaison de l'impératrice Yang Kwei-Fei. L'interprétation du film est à ce sujet discutable. On ne sait si c'est elle même qui choisit de mourir pour rétablir l'ordre ou si l'empereur lui en intime l'ordre, faisant prévaloir les intérêts du royaume sur ses sentiments personnels.

 

 

 

 

Mizoguchi La pendaison 1 Impératrice Yang Kwei fei

 

Quoiqu'il en soit,  après une scène particulièrement subtile où l'on voit les parures royales tomber l'une après l'autre  aux pieds de l'impératrice pour seule évocation de sa mort, l'empereur s'effondre aux pieds  de la statue desa première épouse, appelant Yang Kwei-Fei  et entendant sa voix.

 

 

 

 

 

 

Mizoguchi La pendaison 2 Impératrice Yang Kwei fei

 

 

Mizoguchi scène de cloture Impératrice Yang Kwei fei

 

Si comme dans d'autres de ses films MIZOGUCHI critique ceux qui ne voient que dans le pouvoir qu'un enrichissement personnel aux dépens de la population, l'Impératrice Yang Kwei-Fei   est construit sur l'opposition entre d'une part, une société fondée sur les apparences, les richesses et le pouvoir et  d'autre part, les aspirations personnelles  de l'empereur. Son amour pour sa première épouse est en effet totalement incompris par sa cour qui s'en tient aux  apparences physiques et ne comprend pas que la communion des âmes importe bien plus.

 

De même, son goût pour la musique est perçu comme une perte de temps. Pourtant, comme dans  l'Intendant Sansho, la musique tient un rôle primordial. L'attention se porte en effet sur la cousine de la famille YANG non par sa beauté ou son rang social, puisqu'elle joue le rôle d'une domestique, mais par son chant. De même, elle séduit l'empereur en jouant au luth l'air qu'il a composé dans  l'après midi face aux pommiers en fleurs. Il lui dit alors "Nous sommes à l'unisson" et l'on comprend le lien indéfectible qui les unira désormais. Ils partageront encore cet art quand Yang Kwei-Fei  dansera dans la rue le jour du Nouvel An accompagnée au luth 

part l'empereur.

 

 

 

 

 

 

Mizoguchi La découverte de la musique Impértarice Yang Kw

L'empereur apparaît seul dans son palais après avoir fait échoué une nouvelle fois les tentatives de sa cour pour lui présenter une nouvelle courtisane. C'est la musique qui l'attire sur la pièce de gauche et qui lui fera connaître Kwei Fei. 

 

Aux dorures de son habit et du palais s'oppose la pauvreté et la crasse dans laquelle est trouvée cette dernière. 

 

La primauté donnée à  l'accomplissement personnel est particulièrement forte dans ce film et clôt d'ailleurs celui-ci en décrivant ce que l'on peut interpréter comme étant la mort de l'empereur qui ayant accompli son devoir, rejoint ses deux amours.

 

MIZOGUCHI introduit également une réflexion sur la primauté de la loi sur l'empereur lui même. Il est en effet interdit aux campagnes de l'empereur de se mêler de politique. L'empereur hésite face à la sanction à appliquer à l'une d'elles puis il se soumet à la norme qui a lui même édicté. Plus loin, c'est cette même règle qui justifiera la répudiatiion de Yang Kwei-Fei. Inquiète de la contestation montante contre sa famille, celle-ci demande à l'empereur de la chasser avec son entourage. Il refuse mais la répudie au motif qu'elle a tenté de s'immiscer dans les affaires politiques.


Si la scène de la pendaison est remarquable, L'impératrice Yang Kwei-Fei pêche par un montage très dur procédant par ellipse dans lequel le spectateur pène au premier visionnage à saisir l'intégralité de l'intrigue. Cette difficulté surmontée, on peut encore regretter que ce montage fasse perdre de la profondeur aux personnages dont la psychologie ou les sentiments sont trop rapidement évoqués.

 

Travail général sur l'oeuvre de MIZOGUSCHI :  http://www.cineclubdecaen.com/realisat/mizoguchi/
Analyse des films :L'Intendant Sansho
  Le héros sacrilège
  Retour à la page d'accueil : les films de Mizoguchi
  Retour au plan général de la rubrique cinéma
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Published by Gaëlle - dans Cinema
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29 janvier 2011 6 29 /01 /janvier /2011 20:26

 Je continue ma rubrique hebdomadaire en vous recommandant vivement les émissions de la Fabrique de l'Histoire consacrées à l'histoire de l'hôpital.

 

Je vous parlais la semaine dernière de l'entretien d'E. LAURENTIN avec C. EVIN (ici)

 

Je vous recommande à présent l'émission du 7 décembre consacrée une expérience originale menée à Ainay Le Château. Il s'agit d'un petit village de l'ALLIER où a été tentée jusque dans les années 70 une expérience originale du traitement de la psychiatrie. 

 

Il s'agissait de placer des malades psychiatriques dans des familles d'accueil appelées "nourrices". Celles-ci recevaient deux ou trois pensionnaires contre rétribution.

 

Les pensionnaires aidaient les familles dans les travaux des champs. 

 

Le reportage est fait d'interviews des médecins psychiatres et villageois et de la lecture du petit journal rédigé par les pensionnaires. Au travers de ces témoignages, on discerne avec subtilité les discriminations latentes dont ces derniers faisaient l'objet : cafés réservés, lieux d'hébergement dépourvus du confort minimum.

On y comprend que la population a été confrontée sans préparation à ces troubles psychiatriques. C'est donc un savoir transmis de famille en famille, de génération en génération qui s'est progressivement formé, plein de caricatures, de croyances. Le documentaire montre alors que ces préjugés, ces peurs ont été surmontés en raison de l'intérêt économique des pensionnaires. Les familles d'accueil étaient en effet rémunérés et les pensionnaires aidaient leurs hôtes qui percevaient donc une double rémunération. 

 

Les médecins interviewés soulignent les résultats positifs de cette expérience. Certains pensionnaires sont restés 20 ans dans leur famille, ce qui montre qu'ils y étaient bien traités et que cette structure leur avait donné un équilibre. 

 

Fermée dans les années 70, la structure d'Ainay Le Chateau me semble très intéressante à une époque où la médecine psychiatrique rencontre de graves difficultés en raison notamment de la fermeture de nombreux lits et où la psychiatrie engendre de nombreuses peurs et est quasiment toujours vue sous l'angle de l'internement psychiatrique. 


Ainay Le Chateau montre au contraire l'importance de l'insertion sociale de ces patients dans la société. Il est dommage que le reportage ne précise pas la pathologie exacte dont souffraient ces patients. Sélectionnaient on les patients en fonction de leur pathologie ? 

Il n'est pas non plus indiqué s'il existait un turn over important ou si au contraire on parvenait à équilibrer sur la durée un nombre important de patient.

En revanche, la question de la dangerosité est rapidement évacuée. La mémoire du village ne recense qu'un meurtre : celui d'un patron a commis sur un de ses pensionnaires qui souhaitaient faire grêve dans les années du Front Populaire. 

 

 Autre émission à recommander sur le même thème : l'émission du 9 décembre 2010

 

Ce débat permet de retracer l'histoire de l'hôpital du temps des hospices où on y accueillait pauvres et vieillards sur la longue durée à l'hôpital moderne tourné vers des soins de pointe et où la durée de séjour a drastiquement diminué. 

 

On voit se dessiner au cours du 19e siècle le principe d'un hôpital ouvert à tous, la construction de nouveaux établissements proches des quartiers ouvriers, la mise en place d'une formation pratique des médecins qui débouchera sur la création d'un internat. Apparaît à cet égard la distinction entre soins publics et soins privés puisqu'il est décidé que la formation des jeunes médecins à l'hôpital public a pour contrepartie l'autorisation de se constituer une clientèle privée. La clinique privée apparaît également parce que le service hôtelier de l'hôpital public ne convient pas aux classes les plus aisées de la population. 

 

Reste encore largement ouverte la question de l'histoire de l'hôpital au XXe siècle qui, on l'espère, fera l'objet de podcasts ultérieurs. 

 

 

 

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28 janvier 2011 5 28 /01 /janvier /2011 21:36

L'empire du Milieu du Sud : Un documentaire de Jacques Perrin et Eric DerooL-Empire-du-milieu-du-sud fichefilm imagesfilm

 

Un documentaire  qui part de la seconde guerre mondiale et nous emmène jusqu'au retrait des troupes américaines en 1975. 

 

Que celui qui cherche un documentaire didactique sur les grandes dates du conflit, ses tournants, ses rebondissements passe son chemin. 

 

Le film  est  fait de  la juxtaposition de vieilles images d'archives mêlées à des images de couleurs plus récentes. La bande son est composée d'extraits de littérature vietnamienne, américaine ou française. 

 

La séance s'ouvre ainsi "la vie est faite de bonheur, de malheur, il faut la prendre comme elle est, on n'y peut rien". Puis, plus tard, "ceux qui ont survécu, à eux de vivre comme il faut, comme des hommes, sinon à quoi çà sert la guerre, à quoi çà sert la paix"

 

Et enfin, sur la fin du film, de manière lancinante, revient toujours cette même interrogation "Quel chemin il faut parcourir avant de mourir"

 

On peut résumer ainsi la teneur du film qui décrit la destinée d'un peuple qui depuis les années 1860 verra passer sur son sol les colonialistes français, l'armée chinoise puis l'armée française puis  enfin l'armée américaine, et qui pour lutter contre ces impérialismes, s'en remettra à Ho Chi Minh. 

 

Première époque : Indolence de la vie coloniale, images de cartes postales surexposées aux couleurs passées comme le temps qu'elle décrivent. On y voit l'insouciance de ces 20 000 français qui vivaient dans un univers protégé, vivant  de l'exploitation du peuple colonisé. 

 

Puis, c'est l'invasion chinoise, l'arrivée des armes qui changeront plusieurs fois de mais avec en arrière plan cette question  qui porte tout le documentaire : à quoi bon cette guerre sanglante ? à quoi bon la mort de ces jeunes hommes dans les deux camps ?  Boucherie aveugle, morts dans la boue des rizières sous un ciel magnifique. 

 

Force de résistance incroyable des vietnamiens luttant d'abord contre l'armée française puis contre l'armée américaine. Armée de bric et de broc face au matériel occidental, camouflage rudimentaire, canons montés à bras d'homme le long des pentes boueuses. 

 

Face à cette énergie, c'est le déferlement de la guerre mécanique mais celle-ci est évoquée de l'intérieur par les explosions de bombe, le bruit des canons et des mitraillettes. 

 

Sont filmés les visages des soldats, leurs mains, leurs regards. Ils sont avant tout des êtres humains pris dans leur destin, l'Histoire de leur peuple, engagés pour une cause qui les dépasse mais  qu'ils serviront jusqu'à la mort, comme l'évoquent les nombreux plans panoramiques s'ouvrant sur l'immense forêt tropicale. 

 

Les archives proviennent d'un camp comme de l'autre mais finalement, c'est la même désolation, les mêmes regards vides. 

 

Un très beau documentaire qui,  en prenant contrepied des films américains abordant le sujet comme Platoon ou Full Metal Jacket  dont la force critique est exclusivement fondée sur leur extrême violence, parvient à souligner encore mieux la violence d'une guerre, l'absurdité de son enlisement, tout en conservant un point de vue presque neutre centré sur les humains eux mêmes, quelque soit leur camp, et non sur les logiques politiques dont ils ne sont que l'instrument. 

 

Finalement, tout est dit à la première phrase. Chacun doit faire avec son destin bon ou mauvais, combattre dans le camp où il se trouve. 


Ce qui fait la force du documentaire, ce sont ces textes écrits par ceux qui ont vécu les événements filmés, qui ont fait partie de ces millions de fourmis qui ont été agités par la succession des guerres pendant près de 20 ans. 

 

 

Retour au plan général de la rubrique cinéma

 

 

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26 janvier 2011 3 26 /01 /janvier /2011 09:12

Un petit post pour signaler les articles très intéressants parus dans le Monde daté du 25 janvier 2011

 

- Qui spécule sur les matières premières ?

 

- Des agriculteurs traders.

 

 

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25 janvier 2011 2 25 /01 /janvier /2011 05:46


Quand le balcon est  terne, qu'il ne reste plus que des branchages morts, des tuteurs dénudés et de tristes pots, un seul rayon de soleil suffit à créer un jardin imaginaire sur les murs de la maison, à la façon d'André KERTESZ.

 

 

ombres chinoises 5ombres chinoises 3

 

 

 

ombres chinoises2

 

 

 

Jardin-du-Luxembourg-Fontaine-Medicis-300x248.jpg

 

 

bistrot-par-a.kertesz.jpg

 

 

 

 

kertesz-ombres-portees.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour une analyse détaillée du travail de KERTESZ et de ses photographies jouant sur les ombres et les lumières, c'est ici.

 

 

Pour un second Ambiance Cover consacré à André KERTESZ, c'est ici.

 

 

Retour vers l'orientation générale des Ambiances Cover

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22 janvier 2011 6 22 /01 /janvier /2011 19:43

Il y a quelques temps, je vous vous livrai un premier Ambiance Cover consacré à Magritte


Au delà de cette analyse, sur le plan strictement esthétique, l'encadrement d'une fenêtre donne souvent beaucoup de charme à une photographie car il y exprime simplement une opposition entre le de Dedans et le Dehors. 

Un beau paysage vu de la fenêtre de sa chambre n'a pas le même charme que si le photographe s'y trouve pris entièrement. D'abord, il y a un décalage entre l'exposition de la pièce et celui du dehors et ce contraste donne de la force  à l'éclairage de l'extérieur en en faisant ressortir  la brillance. 

 

Et puis, voir un beau paysage depuis son cocon créée une  profonde interaction entre  le sujet de la photographie et le photographe puis le spectateur qui se trouve dans la même position que le premier, c'est à dire en train d'observer un paysage de loin, à travers l'embrasure d'une fenêtre.

 

Finalement, photographier un paysage de chez soi, c'est aussi évoquer le bien être et la joie de simple de découvrir un point de vue agréable tout en profitant du cadre apaisant de son intérieur. 

 

Dont acte .....

 


 

De dedans ...

 

De Jour ...

 

Reflets-et-surrealisme 0245

 

 

 

 

De nuit .....

 

 

On devine des reflets, on ne voit que le haut des bâtiments ....

 

 

Reflets-et-surrealisme 0284

 

 

Les fenêtres ont comme une existence propre ; elles observent celui qui regarde ou qui photographie ...

 

Reflets-et-surrealisme 028621

 

 

En tout cas, on voit la ville sous d'autres angles quand on est sous les toits. 

 

 

 


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Reflets-et-surrealisme 02872

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22 janvier 2011 6 22 /01 /janvier /2011 19:13

Avec une journée de retard, ma chronique sur les podcasts de la semaine, c'est à dire ceux que j'ai écoutés cette semaine et qui ont donc été diffusés il y a quelques temps. 


Tout d'abord et une fois de plus, je recommande vivement la semaine qu'ont consacré Les Nouveaux Chemins de la Connaissance à Hannah Arendt. Notamment, les émissions sur  sa biographie, celle sur le procès Eichmann et enfin celle sur son célèbre livre Les Origines du totalitarisme,  sont très intéressantes.  Je ne me lancerais pas dans une analyse croisée de ces trois émissions, au risque de produire d'énormes approximations et contre sens. 

On peut seulement retenir que la pensée d'Hannah ARENDT éclaire encore les grands problématiques actuelles. Par ailleurs, l'émission sur le procès d'Eichmann permet d'ouvrir une discussion passionnante sur la responsabilité personnelle de  ce haut dignitaire nazi et sur la question  de l'obéissance hiérarchique et de l'influence des données sociales et historiques. ARENDT refuse d'absoudre ou de trouver des circonstances atténuantes à Eichmann en en faisant le rouage d'un système qui le dépassait et analyse les raisons de son obéissance aveugle à une absence de pensée. A travers ce concept, est mise en valeur  la responsabilité de chaque citoyen de conserver  en toute circonstance une pensée propre et critique. 

 

Emissions du 29 décembre 2010 au 3 janvier 2011 que l'on peut encore écouter sur le site.

http://www.franceculture.com/emission-les-nouveaux-chemins.html?page=3

 

Dans un tout  autre registre, à signaler l'émission consacrée par la Fabrique de l'Histoire à l'Hôpital. Pour l'instant, je n'ai entendu que l'interview pendant une heure de l'ancien ministre de la santé de M. ROCARD qui revient sur son parcours politique, sa vision de l'hôpital, sa position sur la maîtrise des coûts de dépenses de santé. Très intéressant dans la mesure où ce débat persiste de nos jours avec une accuité encore plus grande.

 

Emission du 6 décembre 2010 que l'on peut encore écouter sur le site 

http://www.franceculture.com/emission-la-fabrique-de-l-histoire-histoire-de-l-hopital-14-2010-12-06.html

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21 janvier 2011 5 21 /01 /janvier /2011 16:49



IZIS de son vrai nom  Israëlis Bidermanas, est né en Lituanie le  17 janvier 1911, mort à Paris le 16 mai mai 1980. IZIS Porte de Vanves

Connu après guerre comme Cartier Bresson et Brassaï puisqu' une exposition au musée d'Art Moderne de New York  leur avait été consacrée  en 1951 au musée d'Art Moderne de New York, IZIS est quelque peu tombé dans l'oubli. 

La ville de PARIS lui a consacré l'année dernière une grande rétrospective. 

 

Ses photographies retracent une époque révolue, témoin d'un temps  lointain.

 

Il en va ainsi de ses photographies d'un Paris disparu des faubourgs de la capitale comme la Porte de Vanves ou des clichés d'un Paris populaire.

 

 

 

vendeuse IZISOn y décèle la misère de ses petites gens, vendeurs de muguet ou de lapins, ouvriers endormis et pêcheurs sur les bords de Seine. 

 

 

 

 IZIS manege-metallique.jpg

 

 

 

 

C'est aussi les manèges et les fêtes foraines dont les manèges  de fer et d'acier semblent aujourd'hui désuets au vu des grands huit d'Eurodisney. 

 

 

 

 


amants IZISAu delà de la description un mode de vie qui semble presque s'apparenter au cliché, les photographies d'Izis captent l'humanité de ses sujets, prenant les enfants sur le vif ou surprenant des amants adossés à un pont. 

 

 

 

Ou  alors, il fait de ses personnages les témoins d'une joie de vivre comme cette fillette perchée sur un des chevaux d'un manège qui est manifestement unfillette-au-cheval IZIS cliché posé

 

 

 

 

 

vieux avec bulles

 

 

 

 

 

ou de ce vieillard s'amusant avec des bulles de savon,retombant en enfance ou jouissant simplement malgré son grand âge, de l'innocence d'un instant et des plaisirs simples de la vie. 

Derrière le portrait de cet homme au visage décharné dont les traits sont si éloignés de ceux d'un enfant aux joues pleines et roses, on descelle le souci d'ISIS de mettre en valeur les éléments positifs d'une scène. Il préfère ainsi photographier une vieille personne s'amusant à des jeux d'enfant plutôt que s'attacher à la vieillesse, aux rides, aux marques laissées par une dure existence. 

 

 

 

 

 

IZIS fleur-sur-balcon.jpgCette tendance se retrouve dans ses photographies des rues des quartiers populaires où apparaissent des cages d'oiseaux à une fenêtre ou un pot de fleur à une autre.

IZIS cage d'oiseaux

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

homme-feuille IZISParfois, IZIS penche même pour une photographie franchement surréaliste comme celle des mendiants dormant à  même le sol d'un quai recouvert de feuilles pour toute protection. L'enveloppe que leur fait le feuillage donne à leur corps un aspect inhabituel, produisant un décalage propre aux oeuvres surréalistes. 

Mais la pauvreté de l'homme photographié ne disparaît pas pour autant derrière cette image insolite. Au contraire, cet amas  insolite de feuillage insiste sur la précarité de la situation de l'individu. 

 

 

 

 

 

 

 

részistant jeune2 IZIS

IZIS témoigne aussi de son temps à travers les clichés des résistants réalisés à la sortie du maquis à la Libération. On y voit l'extrême jeunesse de certains, jeunes hommes apprêtés alors qu'ils  venaie

nt de connaître du hautde leur quelques années une période de guerre, où il a été question de choisir un parti, de résister, de prendre les armes. On y voit une jeunesse qui goûte à l'insouciance  de son  âge, prompte à soigner son apparence et  à se donner  au jeu de la séduction. 

 

részistant jeune IZIS

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

résistant vieux IZIS

 

 

 

 

 

On y croise des regards agards, comme étonnés que cela soit fini, d'autres qui ne regardent pas l'objectif, perdus dans d'insondables pensées.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

couronnement élisabeth IZISPlus tard, IZIS réalisera des reportages pour Paris Match, notamment lors du couronnement de la reine Elisabeth II. C'est l'occasion de clichés surprenants remplis du gout kitch des anglais mais aussi de leur ferveur et de leur enthousiasme pour un des premiers événements heureux de l'Angletterre d'après guerre qui était encore soumise au rationnement.

 

reine-d-angletterre IZIS

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

israel IZISIZIS séjournera également en Israël où il y photographie encore les petites gens, les travaux des champs ou le jeu des enfants. Certaines de ces photographies ont cependant une résonnance plus profonde. Il en va ainsi de ce portait d'une jeune fille qui porte à la main un bloc de terre sur lequel est planté une pousse d'arbre. Il s'agit de la plantation de la forêt des martyrs. 

Ce regard décidé, presque dans une attitude de défi, la multitude des personnes autour d'elles portant une pousse similaire évoquent évidemment la Shoah et témoignent de la force persistante ce peuple martyr de la guerre. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

chagall IZISEnfin (pour l'instant), IZIS s'est intéressé aux artistes, saisissant l'inspiration de Chagall occupé à peindre le décor du plafond de l'Opéra de PARIS. Il retient les mouvements amples du bras du peintre, comme si son imagination était toute entière reproduite dans cette arabesque. 


roland-petit IZIS

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C'est aussi Roland PETIT dont les mains semblent mimer une chorégraphie ou le portait de Camus à sa fenêtre dont la force de ses convictions semblent ressortir de son seul regard. On peut aussi parler de la photographie d'Aragon et d'Elsa Triolet, elle en pleine lumière regardant vers la gauche du cadre, les yeux perdus dans le lointain et lui, la regardant, une main sur les genoux de sa compagne, de profil comme absorbé par sa muse.

 

 

 

jongleur IZIS

 

 

Ce sont enfin des artistes anonymes, les clowns, les jongleurs, les équilibristes qui émerveillent leur spectateur, enfants comme adultes. 

 

public

 

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19 janvier 2011 3 19 /01 /janvier /2011 20:54

Je vous parlais il y a quelques temps de mes livres de l'année (ici).

 

allendeJe n' ai pas fait part d'un excellent livre :celui de Pierre KALFON qui était alors grand reporter pour le journal Le Monde. Le livre est la compilation des articles écrits de l'arrivée au pouvoir de Salvador ALLENDE porté par le mouvement de l'Unite Populaire jusqu'au coup d'état d'Augusto PINOCHET.

 

Quasiment jour après jour, le lecteur est témoin de la formation du gouvernement, des balbutiements de sa politique, des positions des autres partis , que ce soit ceux de droite ou ceux situes à sa gauche . Puis, les contestations s'amplifient et on assiste au vacillement puis à la chute du gouvernement.

 

Outre le fait que le livre permet de prendre la mesure de la considérable baisse de qualité des reportages de la presse écrite puisqu'il y a quasiment trois ou quatre articles de bonne longueur par semaine, le livre permet de décrire au jour le jour une histoire assez méconnue en France.

 

Pourtant, au travers des trois années du gouvernement d'ALLENDE, s'est jouée la première expérience d'un gouvernement socialiste, au sens propre du terme, sans que jamais une once de libertés publiques n'ait été supprimée.

 

Les premiers articles relatent au contraire le souci avec lequel ALLENDE s'est attaché à respecter la légalité alors qu'il était aux prises avec opposition extrêment virulente que la constitution avantageait. C'est toujours en respectant la loi que le gouvernement de l'Unite Populaire a mené sa politique de collectivisation des terres et de nationalisation des secteurs clé de l'industrie. Et KALFON explique comment ont été utilisés de vieux textes votés dans les années 20 toujours en vigueur bien que tombés en désuétude.

 chiliII

Pour compléter, je vous conseille le DVD de P. GUZMANN "La Bataille du Chili"  qui a filmé les permiers pas du gouvernement, les expériences locales et les manifestations qui gagnent peu à peu en violence et en intensité. Sont également interviewés les ouvriers des usines nationalisées. Ils font part de leurs opinions, dont on peut remarquer leur accuité et leur finesse d'analyse. Ils expliquent leurs perspectives et leurs nouveaux modes d' organisation.

 

chiliIIIIOn peut aussi citer le DVD d'Emilio PACULL  Les héros Fragiles qui retrace de manière du subjective les conditions du coup d'état,  la torture subie par les opposants au nouveau régime instauré par A.PINOCHET. L'interpénétration fréquente entre des témoins qui racontent leur expérience et les éléments subjectifs ( extraits d'un film de COSTA GAVRAS, photographies, dessins, intermède avec sa fille ) riquent de  désorienter le spectateur  au fil de disgressions qui font perdre aux interviews une part de leur force.

 

Notamment, sont très intéressants les passages sur les documents  de la CIA qui permettent de connaitre la position du gouvernent de NIXON  et de KISSINGER sur l'arrivée au pouvoir d' ALLENDE. On y comprend ,alors le rôle joué par les États Unis sur le renversement du régime socialiste. Est également interviewé un membre des multiples groupes qui ont fomenté le coup d' état. Il  en explique les raisons, l'implication de chaque intervenants, comment l'économie chilienne a été déstabilisée pour affaiblir le régime socialiste et ce, sans sciller comme si  le fait qu'il ait participé à la mise en place d'une dictature sanglante ne l'inquiétait pas outre mesure.

 

On retrouve ce sentiment dans l'interview d'économistes comme Milton Friedman dont la doctrine a été appliquée par Augusto PINOCHET. Bien qu'il n'y ait pas de lien nécessaire entre le régime dictatorial de PINOCHET et la doctrine néo-libérale appliquée, il reste que les tenants de cette doctrine économique ne semblent pas non plus prendre la mesure de ce qu'a été le régime politique concommitant à la mise en place d'une nouvelle économie venant en réaction à celle qu'avait commencée à instaurer ALLENDE.

 

Et c'est toute la question que pose E. PACULL, le Chili aurait pu être l'expérience d'une nouvelle forme de société à la fois démocratique et fondée sur d'autres bases économiques. Le coup d'Etat et l'avénement de PINOCHET ont brisé dans l'oeuf  la voie qui semblait se tracer.

 

Finalement, il faut prendre le documentaire de PACULL comme un témoignage personnel de l'auteur, empreint de sentiments attachés à des lieux, mots clés et personnes. Son beau père était en effet un proche conseiller d'ALLENDE et s'est suicidé le 11 septembre 1973 durant le siège du palais présidentiel de la Moneda. Le supplément du DVD qui entraîne le spectateur dans le feuilletage raisonné du carnet de notes qui dessine la trame narrative du reportage permet de mieux comprendre les intentions du narrateur.

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Enfin, je conseille  un autre DVD de GUZMANN qui lui aussi souligne le rôle joué par les Etats Unis dans le coup d'Etat et qui souligne l'influence des doctrines néo-libérales sur le régime de PINOCHET. Ce reportage rappelle également l'épisode de l'arrestation de PINOCHET en Angletterre en octobre 1998 et la bataille juridique qui se mena alors.

 

Pour approfondir l'Histoire de l'Amérique Latine, je vous conseille les émissions de radios dont je vous parle ici.

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Published by Gaëlle - dans Petits Grains
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